Bangkok de notre correspondant
Apeurés et hagards, ils ont été réveillés au milieu de la nuit par des policiers thaïlandais leur braquant des lampes torches dans la figure. Depuis deux mois, ces 175 Nord-Coréens campaient, sous la supervision de prêtres sud-coréens, dans un banal immeuble à deux étages d'un quartier nord de Bangkok, proche de l'ambassade de Corée du Sud. Une étape provisoire du long périple qu'ils ont entamé six mois ou plus auparavant, lorsqu'ils ont fui leur pays en traversant la frontière chinoise. Dans la nuit de mardi à mercredi, les policiers les ont amenés au centre de détention de l'immigration.
En débarquant des gros autocars rouges, hommes, femmes et enfants ont tenté de dissimuler leur visage face aux flashs des photographes. La crainte, sans doute, que leur identification par les autorités nord-coréennes n'entraîne des représailles sur leur famille. C'est la plus grosse «arrestation» de réfugiés nord-coréens qui se soit jamais produite en Asie du Sud-Est.
Discrétion. La police thaïlandaise annonce qu'elle va inculper d'entrée illégale sur le territoire la plus grande partie des détenus. Le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies joue la discrétion. «Nous ne voulons donner aucun détail, afin de ne pas mettre en danger les Nord-Coréens qui sont en Thaïlande», indique Kitty McKinsey, porte-parole du HCR pour l'Asie-Pacifique.
La «filière thaïlandaise» est pourtant bien connue depuis environ cinq ans : la Thaïlande et le Vietnam sont les




