Franck Aarebrot, professeur à l'Institut de politique comparée, à l'université de Bergen (Norvège), analyse les raisons de la flambée populiste dans le nord de l'Europe.
Peut-on parler d'un populisme scandinave ?
Il existe des similarités entre le Parti du progrès (Fremskrittspartiet) en Norvège, le Parti du peuple danois (Dansk Folkeparti) et la Nouvelle Démocratie (Ny Demokrati) en Suède. Tous sont des mouvements poujadistes, formés en réaction à l'Etat-providence scandinave, au moment où celui-ci se trouvait au summum de son expansion. Leur création, à une époque où personne n'osait encore remettre en question le fonctionnement du système ou le niveau des dépenses publiques, constitue un des signes annonciateurs de la crise du modèle scandinave.
Quels sont les fondements de leur succès ?
Tous n'ont pas la même réussite, puisque la Nouvelle Démocratie a fini par succomber aux dissensions de ses dirigeants. Seuls ont survécu les mouvements dirigés par un leader fort, capable d'incarner le parti. Mais, si en Norvège, Carl Hagen a réussi à se maintenir à la tête du Parti du progrès de 1977 à 2006, ce n'est pas le cas de l'avocat Mogens Glistrup au Danemark. Son Parti du progrès danois, fondé en 1972, a dû céder la place au Parti du peuple, né d'une scission en 1995.
Trente ans après leur apparition, comment expliquer que ces mouvements soient aussi forts aujourd'hui ?
C'est le résultat de leur capacité d'adaptation. Au Danemark comme en Norvège, ces partis créés en opposition à l'E




