Budapest de notre correspondante
Ambiance débonnaire sur la place Kossuth où étaient rassemblés mercredi, pour la troisième nuit consécutive, plusieurs milliers de protestataires contre le Premier ministre socialiste, Ferenc Gyurcsány, accusé d'avoir menti pendant la campagne électorale. 23 heures : sur un podium, un homme improvise une chanson d'une voix éraillée : «L'esprit de 56 revient ! La justice renaîtra.» Postés en cordon sanitaire devant le Parlement, les policiers antiémeute équipés de boucliers, gilets pare-balles, casques et masques à gaz, supportent stoïquement les slogans «1848-1956-2006».«C'est notre Hyde Park Corner à nous ; ici tout le monde peut prendre la parole», explique Levente, 27 ans. Son copain Balázs est monté de province pour suivre les manifs. Tous deux votent pour le Fidesz, (droite conservatrice) même si Levente avoue ne pas «être toujours d'accord avec le parti de Viktor Orbán. Il aurait dû mieux soutenir les Hongrois d'outre-frontières». Il parle avec émotion de sa grand-mère, originaire de haute Hongrie, territoire aujourd'hui en Slovaquie. Des dizaines de drapeaux tricolores hongrois flottent dans la tiède nuit d'automne. Sur une pancarte, on lit «64-comtés», nom d'un groupuscule ultranationaliste, nostalgique de la Hongrie d'avant la défaite de 1918 qui fut, deux ans plus tard, amputée des deux tiers de son territoire par le traité de Trianon.
Antisémitisme. On annonce au micro le pasteur Loránt Hegedus, anc




