Belgrade envoyée spéciale
En dépit des promesses répétées du gouvernement serbe de livrer le général Ratko Mladic à la justice internationale, le bourreau de Srebrenica court toujours. Selon le témoignage de plusieurs comparses récemment arrêtés, on a la certitude qu'il a séjourné à Belgrade entre 2002 et janvier 2006. Une majorité d'analystes pensent même qu'il se cache toujours dans la capitale serbe. La capture de ses anciens amis a, certes, affecté son réseau de soutien. Mais, aux dires même du procureur spécial chargé de la traque, Vladimir Vukcevic, ce réseau est bien «plus large et ramifié» qu'un quarteron de colonels en retraite. Car il est notamment animé par les intérêts financiers de ceux «qui ont acquis une énorme fortune» pendant la guerre.
Plan d'action. L'échéance de la mi-septembre, que le Premier ministre Vojislav Kostunica avait lui-même fixée, lors d'une visite à Bruxelles, pour arrêter Mladic, est passée comme tant d'autres avant elle. Dans quelques jours, le chef du gouvernement serbe devra convaincre Carla Del Ponte, la procureure du Tribunal pénal international (TPI) de La Haye chargé des crimes de guerre en ex-Yougoslavie, que le plan d'action pour arrêter le fugitif, qu'il avait lui-même présenté en juin au siège de l'Union européenne, porte ses fruits. Belgrade sait qu'un rapport négatif de la procureure éloignerait encore un peu plus la Serbie de son but stratégique : se rapprocher de l'UE et, à terme, y adhérer. Faute de voir Mladic à




