Beyrouth de notre correspondante
Alors que vient de s'achever le Sommet de la francophonie à Bucarest, le président du Liban Emile Lahoud, qui n'y a pas été convié, revient sur l'incident et sur la situation de son pays.
Le président roumain Traian Basescu a affirmé que sa décision de ne pas vous inviter au Sommet de la francophonie relevait de son «choix personnel». Pourquoi vous en prendre à Jacques Chirac ?
C'est une histoire ancienne entre Jacques Chirac et moi-même. Il avait des intérêts personnels avec la famille Hariri depuis longtemps. A partir de 1998, après mon élection à la tête du pays, l'état de mes relations avec lui dépendait de celles que j'entretenais avec Rafic Hariri. Depuis son assassinat [en février 2005, ndlr], la situation a empiré. Chirac a dit à de nombreux pays amis de la France de me boycotter. C'est lui qui a fait en sorte que je ne sois pas invité à ce sommet. Il a toujours eu des contacts personnels au téléphone sur le mode : «Faites-moi ça. Donnez-moi ça.» Je le sais parce qu'il a essayé avec moi.
Si de nombreux pays occidentaux vous boycottent, n'est-ce pas plutôt parce qu'une commission d'enquête de l'ONU a pointé du doigt les responsabilités de dirigeants syriens et libanais dans l'assassinat de Rafic Hariri ?
Dans aucun des cinq rapports de l'ONU n'est mentionné le nom du Président. Pourquoi le témoin clé dans l'assassinat de Rafic Hariri, Al Siddiq, qui est en France, n'a-t-il pas été extradé au Liban pour y être confronté




