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Libération

Electeurs de gauche désenchantés en Hongrie

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Bien que déçus par le Premier ministre, ils se sont mobilisés aux municipales.

Publié le 02/10/2006 à 23h31

Budapest de notre correspondante

Les fenêtres d'Irma donnent sur le théâtre Attila-József, gros bloc de béton entre des pâtés de maisons et les rails des tramways, près de la rive de Pest, qui longe le Danube. C'est dans ce bastion ouvrier que le chef du Parti communiste, l'ancien métallo János Kádár, s'était fait «élire» député. Ici, la municipalité est à l'image de la majorité qui gouverne le pays : un maire socialiste (MSZP) et un conseil municipal composé de socialistes et de libéraux. «Grâce au maire, ce quartier prolo s'est beaucoup amélioré ; on a construit des crèches et il y a un parc agréable près du théâtre», dit Irma, la soixantaine replète, fidèle sympathisante du parti du Premier ministre (MSZP, parti socialiste).

Plan. Elle a voté à gauche aux municipales d'hier, pour soutenir moins le maire que le Premier ministre Ferenc Gyurcsány. Le Fidesz (principal parti d'opposition, droite conservatrice) a appelé ce dernier à démissionner pour avoir caché son plan d'austérité, avant les législatives d'avril. Si Gyurcsány a menti, ce n'est pas aux électeurs de droite mais à ceux de gauche. «Il m'a déçue, admet Irma, mais je ne veux pas qu'il démissionne. Ce plan d'austérité est nécessaire et, si quelqu'un peut sortir le pays du chaos, c'est lui.» Pourtant, les réformes ont fortement érodé la popularité du Premier ministre. «Je ne pensais pas que tout nous tomberait brutalement sur le dos d'un seul coup», soupire Andrea, 39 ans, qui pressentait

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