Budapest de notre correspondante
C'est un leader populiste qui attise les crises et joue la rue pour poser à l'homme providentiel. Très tôt Viktor Orbán a jeté aux orties l'image de l'étudiant rebelle, du dissident «moderne, occidentalisé, très anticlérical», comme le décrit l'écrivain András B. Vágvölgyi, qui demandait en 1989 le retrait des troupes soviétiques de Hongrie. Fondateur de la Fidesz (Alliance des jeunes démocrates), un petit parti libéral issu du mouvement étudiant, Orbán comprend vite qu'il n'a aucun avenir s'il reste à gauche ou au centre, car la place est prise. Dès 1993, il met la barre à droite. Après un piètre score aux législatives de 1994, remportées par les socialistes ex-communistes alliés aux libéraux anciens dissidents, l'énergique Orbán s'attelle à construire un parti sur le modèle des chrétiens-démocrates allemands. Attirant les libéraux comme les conservateurs, séduits par sa piété soudaine, il récolte les fruits de ses efforts : alliée au Parti des petits propriétaires (populiste), la Fidesz gagne les élections de 1998.
Anachronisme kitsch. La Hongrie a alors un Premier ministre charismatique de 35 ans qui veut transformer un pays encore dominé par les réseaux des anciens communistes. Il lance le plan Széchenyi, un ambitieux programme d'aide aux PME. On ressort les décorations de l'époque de l'amiral Horthy, régent autoritaire de l'entre-deux-guerres. Cet anachronisme kitsch déplaît à certains, mais une bonne partie de la jeune génération




