Pékin de notre correspondante
La municipalité de Pékin envisagerait de chasser, ou plus exactement de «renvoyer chez eux», plus d'1 million de travailleurs migrants de la capitale avant les JO de 2008. Le journal Beijing News évoque un vaste «plan d'assainissement», englobant fermetures d'usines, restrictions sur la circulation automobile et mise à l'écart des indésirables, mendiants, prostitués, malades mentaux ou chômeurs. Une fois les rubans de chantiers coupés, plus de mingong, ces ouvriers dépenaillés, les 22 000 étrangers accrédités pour les Jeux ne devront voir qu'une vitrine impeccable, plantée de verdure et hérissée d'immeubles high-tech. Une immense expulsion de mingong ? Les autorités minimisent. «Ce ne sont que des propositions d'experts», proteste Zhou Jidong, responsable de la municipalité cité par l'agence Chine nouvelle.
Déjà, la dissuasion est en marche. L'école, obligatoire en Chine, est un moyen d'exclusion efficace. Un récent rapport de Human Rights Watch affirme que Pékin, depuis la rentrée de septembre, a fermé plus de 50 écoles d'enfants de migrants sur les 239 recensés dans la capitale. «Toutes vont fermer», affirme l'organisation, qui s'inquiète pour 90 000 enfants, sur les 370 000 écoliers migrants : «L'objectif est de décourager les migrants de rester à Pékin.» La raison invoquée est l'insalubrité et la dangerosité des bâtiments.
Huit yuans de l'heure. A la périphérie de la ville, là où les immeu




