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Libération

La Kabylie à nouveau en proie au crime politique

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Un élu de l'opposition a été tué jeudi, pour la première fois en deux ans.

Publié le 16/10/2006 à 23h42

Ils étaient des milliers à assister samedi aux obsèques de Rabah Aïssat, président depuis 2002 de l'assemblée départementale de Tizi-Ouzou et premier élu assassiné depuis plus de deux ans en Algérie. Agé de 58 ans, ce proviseur de lycée, élu maire de son village en 1997 sur une liste du FFS (Front des forces socialistes, opposition), a été abattu jeudi soir à Aïn Zawya, à une quarantaine de kilomètres de la principale ville de Kabylie, alors qu'il jouait aux dominos à la terrasse d'un café. Le tueur l'a nommément interpellé avant de tirer plusieurs balles, à la tête et à l'abdomen. Très proche de la population, celui que tout le monde appelait «Da Rabah» est mort à l'hôpital, vendredi à l'aube.

Scepticisme. Saluées par la presse, généralement peu tendre à l'égard du FFS, sa «popularité, son intégrité et sa sagesse» expliquent l'émotion. Les autorités ont cependant créé un certain scepticisme en attribuant son assassinat aux islamistes du GSPC, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat, donné pour responsable de la violence de basse intensité qui s'est enracinée dans le pays, particulièrement en Kabylie. Rabah Aïssat a en effet été tué au moment où son parti dénonce la future révision constitutionnelle, noue des contacts avec les syndicats autonomes et prépare son congrès. Ce refus d'obtempérer fâche, dans un contexte où le régime profite du silence de ses partenaires étrangers qui se disputent ses faveurs financières pour verrouiller toutes les libertés et

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