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Libération

A la télévision, la Palestine dans tous ses états

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Une série télé traite des tabous et travers de la société palestinienne.

Publié le 19/10/2006 à 23h45

Anata, Jérusalem-Est envoyée spéciale

C'est l'heure de Chou Fi Ma Fi ? («Quoi de neuf»), la quinzaine d'étudiants quittent précipitamment le salon enfumé, où traînent encore les restes du repas de la fin du jeûne du Ramadan, pour s'installer sur les canapés devant la télévision, dans l'entrée du petit appartement d'Anata, un quartier de Jérusalem-Est.

Budget modeste. Depuis le début du Ramadan, le 23 septembre, et jusqu'à la fin du mois de jeûne, les Palestiniens peuvent suivre le premier soap-opera entièrement produit, réalisé et joué par des Palestiniens. La comédie, financée par le gouvernement britannique, se déroule dans une université, entre les dortoirs des filles et des garçons, et la cafétéria. Malgré son budget modeste de 220 000 dollars, soit 11 000 dollars par épisode, la série, qui aborde les problèmes quotidiens des Palestiniens, remporte un franc succès. Elle est diffusée sur un réseau de chaînes locales en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et sur la chaîne palestinienne par satellite.

Les étudiants ne quittent pas le téléviseur des yeux. Les rires fusent, entrecoupés du gargouillis des narguilés et des sonneries de portables. L'épisode de la soirée n'a pourtant rien de réjouissant : la femme d'un des gardiens de l'université, le visage couvert d'hématomes, vient se confier à la responsable du dortoir des filles : son mari la bat. «Il y a trop de violence contre les femmes dans notre société, mais personne n'ose en parler. Dans la série, le sujet es

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