Budapest de notre correspondante
Jamais commémorations n'auront autant illustré la fracture de la société hongroise. Le parti de droite Fidesz, principale force d'opposition, ne participera à aucune manifestation du 50e anniversaire de l'insurrection de 1956 contre la dictature soviétique, en présence du Premier ministre socialiste, Ferenc Gyurcsány. C'est un boycott officieux. Et à l'appel de son président, Viktor Orbán, les militants de la Fidesz fêteront l'événement de leur côté en se rassemblant devant l'hôtel Astoria, théâtre d'âpres combats en 1956.
Un mur en panneaux de polystyrène, érigé sur la majestueuse place du Parlement où débute, ce 23 octobre à 10 heures, la commémoration publique, marque cette cassure. D'un côté de la palissade, les autorités hongroises et les représentants de 56 délégations étrangères ; de l'autre, quelques centaines d'ultranationalistes marginaux qui campent depuis plusieurs semaines sur la place en agitant les drapeaux rouge et blanc des Croix fléchées (nazis hongrois), en réclamant la démission du Premier ministre socialiste, qu'ils accusent d'avoir menti. Soutenu par la Fidesz, le petit carré d'irréductibles a aussi été encouragé à rester sur la place par le président de la République, un conservateur élu par la droite, qui a demandé à la police de «respecter les droits constitutionnels des manifestants» et de ne pas les déloger par la force.
«Inachevée». A chacun son 1956. Pour sa part, le Parti socialiste au pouvoir, issu de l'anci




