Plus de quatre décennies après l'enlèvement et la disparition à Paris de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka, peut-on encore retrouver son corps et élucider les conditions dans lesquelles il a été assassiné ? C'est le pari du juge d'instruction français Patrick Ramaël, qui a délivré le 26 septembre dernier une seconde commission rogatoire internationale pour entendre trois témoins au Maroc : Chtouki, alias Miloud Tounsi, l'organisateur présumé du rapt, Boubker Hassouni, suspecté d'être «l'infirmier» qui aurait drogué Ben Barka au cours de son enlèvement et le général Benslimane, actuel chef de la gendarmerie royale qui, à l'époque déjà, jouait un rôle important dans les affaires de sécurité.
A la veille du 41e anniversaire d'une affaire d'Etat qui, le 29 octobre 1965, ébranla le régime gaulliste et reste emblématique des pires années du règne de Hassan II, cette nouvelle tentative de contraindre Rabat à coopérer avec la justice française s'appuie sur des faits nouveaux.
«Trahi». Pour la première fois, l'identité de Chtouki, qui fut condamné à perpétuité par contumace en 1967 à Paris, est formellement et doublement établie : une expertise graphologique de juin 2006 confirme qu'il s'agit bien de Miloud Tounsi, un retraité des services marocains qui, terrible ironie, habite aujourd'hui à 200 mètres de l'avenue Ben Barka à Rabat. C'est par une demande de visa pour la France rédigée en 2005 que Tounsi s'est «trahi» : son écriture est la même que celle relevée sur la carte de débarq




