Véridique, l'information mériterait effectivement la une à sensation «le général se met à table» que Maroc Hebdo lui a consacrée vendredi. Selon l'hebdomadaire, Hosni Benslimane, le patron de la gendarmerie royale, «répond à la convocation du juge français Ramaël», qui enquête sur une affaire vieille de plus de quarante ans : l'assassinat de Mehdi Ben Barka, le leader de la gauche marocaine enlevé en octobre 1965 à Paris. En réalité, c'est au juge marocain Jamal Serhane que l'actuel chef de la gendarmerie «compte répondre», et cela change tout. Car, depuis deux ans, le juge Ramaël et les autorités marocaines jouent au chat et à la souris. Le premier cherche à interroger ceux qui, au Maroc, peuvent encore détenir quelques bribes de vérité sur les conditions dans lesquelles l'opposant a été tué et l'endroit où son corps a été inhumé ; les secondes font la sourde oreille.
Ainsi, Rabat n'a pas répondu à la (seconde) commission rogatoire, délivrée le 26 septembre par le juge Ramaël, pour entendre notamment et au Maroc le général Benslimane, capitaine à l'époque des faits, ou Miloud Tounsi, alias Chtouki, un agent retraité des services marocains soupçonné d'être l'un des membres du commando ayant participé à l'enlèvement de l'opposant. Le magistrat français qui a déjà perquisitionné au domicile parisien de Driss Basri, l'ex-ministre de l'Intérieur de Hassan II insiste aussi pour effectuer des fouilles au PF3, un ancien centre de détention secret




