Menu
Libération

Le fossé se creuse entre les deux Liban

Réservé aux abonnés

Publié le 02/12/2006 à 0h20

Beyrouth de notre correspondante

L'opposition a jeté toutes ses forces dans la bataille. Pour la première manifestation de ce qui devrait être un mouvement populaire de longue haleine, organisée vendredi dans la capitale, elle a décrété la mobilisation générale, affrété des centaines de bus et envoyé ses troupes investir par centaines de milliers le centre-ville de Beyrouth en état de siège, quadrillé par les forces de l'ordre. A 15 heures, le flot des contestataires, brandissant des drapeaux libanais, forme une masse compacte, à proximité de la résidence du Premier ministre, Fouad Siniora. «La manifestation populaire, pacifique et civilisée», réclamée par Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, pour obtenir la chute du gouvernement commence. Selon les leaders du mouvement, elle prendra fin quand les partis rassemblés auront obtenu gain de cause. Des tentes ont été dressées sur les routes menant au siège du gouvernement.

Démonstrations de force. Depuis l'assassinat de l'ancien Premier ministre sunnite Rafic Hariri, le 14 février 2005, les différents courants politiques libanais ont régulièrement recours à la rue pour se livrer à des démonstrations de force. Le 8 mars 2005, le camp des prosyriens, composé essentiellement des deux mouvements chiites, Amal et Hezbollah, avait ainsi aligné plus de 500 000 personnes dans la capitale. Son message : une partie non négligeable de la population se tient toujours au côté du régime de Damas. Réplique immédiate des antisyriens.

Dans la même rubrique