Caracas de notre correspondant
Le Venezuela, ce n'est pas seulement Miss Univers, du pétrole et Hugo Chávez. Ce sont aussi des statistiques alarmantes sur l'insécurité. Dans un pays en état de crise quasi permanente depuis huit ans, la violence est certes politique. Lors de l'éphémère coup d'Etat contre Chávez, en avril 2002, une cinquantaine de personnes avaient trouvé la mort. Et le 16 août 2004, au lendemain du référendum «révocatoire» finalement gagné par le chef de l'Etat, une militante antichaviste avait été tuée par balle sur la place Altamira, au coeur des beaux quartiers de Caracas. Ces jours-ci, politiques, observateurs et forces de l'ordre ont été appelés à la plus grande vigilance, au moment de l'annonce des résultats du scrutin présidentiel (cette nuit, heure de Paris).
Délits violents. Mais la violence quotidienne, elle, frappe bien loin des zones résidentielles des classes moyennes et aisées. Elle touche avant tout les barrios, les quartiers populaires excentrés sur les collines des grandes villes du pays. «A 8 heures du soir, l'Etat de droit s'éteint sur les barrios, déplore le sociologue Roberto Briceño León, de l'Observatoire vénézuélien de la violence. Les victimes de délits violents ne portent plainte que dans un tiers des cas, selon nos travaux. Elles doivent se rendre dans un bureau du centre-ville où on prendra leurs empreintes digitales. A elles, les victimes ! De plus, elles ne croient pas à l'efficacité de la police et craignent




