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Ces Somaliens qui fuient un pays dévasté

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Face à la guerre civile et aux intempéries, 35 000 réfugiés ont migré vers le Kenya depuis janvier.

Publié le 08/12/2006 à 0h25

Dadaab (Kenya) envoyée spéciale

Une femme se lève péniblement de son abri de branchages et de ficelles surmontés de bâches en plastique vert données par le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). Et vient à la rencontre des étrangers de passage. Enceinte de huit mois, elle prend dans ses bras son plus jeune enfant, au visage émacié, victime de malnutrition. Partie de Mogadiscio, la capitale somalienne, en août, elle a marché pendant quarante jours pour parcourir 500 kilomètres jusqu'à la frontière avec le Kenya.

Mère de quatre enfants, bientôt cinq, Mariam Seïd a été séparée de son mari et n'a plus eu de nouvelles de lui. Un de ses enfants est devenu aveugle après une explosion lors des combats de juin dans la capitale entre les milices de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT, financée en grande partie par les Etats-Unis) et les Tribunaux islamiques, qui contrôlent désormais le Sud et une large partie du centre du pays. Elle ne possède plus rien et demande qu'on lui donne de la nourriture.

Rations. Comme Mariam, plus de 35 000 personnes ont fui la Somalie depuis le début de l'année pour rejoindre le camp de Dadaab, dans le nord-est du Kenya, créé en 1992. Les rations alimentaires distribuées par le Programme alimentaire mondial ne lui suffisent pas pour nourrir sa famille, dit-elle. Son récit et ses revendications ressemblent à ceux de beaucoup d'autres Somaliens qui ont quitté leur pays par peur de la guerre, mais aussi pour des rai

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