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Libération

Un face-à-face libanais toujours plus tendu

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Publié le 11/12/2006 à 0h27

Beyrouth de notre correspondante

Le Hezbollah et le Courant patriotique libre du général Michel Aoun ont une nouvelle fois démontré, hier après-midi, leur capacité de mobilisation en drainant sur les deux grandes places du coeur historique de la capitale environ un million de Libanais. Ils ont ainsi confirmé que le vaste mouvement populaire lancé il y a dix jours était destiné à durer, malgré les affrontements qui ont opposé, cette semaine, sunnites et chiites, la mort d'un premier manifestant, le dimanche précédent, et les tensions toujours plus palpables dans l'ensemble du pays. «Nous ne sommes pas là pour provoquer des troubles, s'agace Fatima, qui participe au défilé. La majorité ne s'occupe pas de nous, nous en avons assez d'être les enfants pauvres du pays. Nous manifesterons jusqu'à obtenir la chute du Premier ministre Fouad Siniora.»

«Abandonnés». Comme beaucoup d'hommes et de femmes arborant un drapeau jaune aux couleurs du Hezbollah, cette étudiante en chimie est originaire du sud du pays. Une région très durement touchée par la guerre qui a opposé, cet été, la milice du Parti de Dieu à l'armée israélienne. Une zone délaissée par l'Etat libanais et qui a toujours du mal à panser ses blessures. «La majorité parlementaire nous a abandonnés pendant trente-trois jours à notre sort. Pis, elle nous a trahis», ressasse Wael, qui a perdu un frère dans les bombardements. Symbole de cette trahison : la photo d'une chaleureuse accolade entre Siniora et la s

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