Maroun al-Ras (Sud-Liban) envoyée spéciale
La famille Farès habite dans son ancien poulailler. Une minuscule pièce aux murs de béton brut. Sans fenêtre. Sans eau courante. Avec une porte fissurée, qui laisse s'engouffrer les bourrasques de vent glacial. L'unique bien qu'elle possède depuis que, un matin de juillet, un bombardement de l'armée israélienne a réduit sa maison de deux étages en un tas de gravats.
Champ de ruine. Cinq mois après la fin des hostilités, le petit village de Maroun al-Ras, surplombant les plaines du nord de l'Etat hébreu et les collines caillouteuses du Sud-Liban, reste un vaste champ de ruine. Seule la mosquée a été reconstruite grâce à des dons iraniens. Tout autour, les habitants, qui pour la plupart sont revenus quelques jours après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 14 août, s'entassent dans les rares bâtisses encore debout en attendant d'avoir suffisamment d'argent pour entreprendre les travaux. «Nous avons touché 9 000 dollars du Hezbollah, mais ce n'est pas suffisant, explique la benjamine de la famille Farès. Nous avons tout perdu : notre appartement, notre voiture, nos récoltes. Mon père, qui a vécu tout le conflit ici, est malade. Et nos champs sont truffés de mines. Comment allons-nous faire ?» Un particulier koweïtien s'est engagé auprès de l'Etat à soutenir financièrement la population, mais les sommes promises n'ont pas encore été versées.
La reconstruction du Liban dépend d'une multitude d'acteurs, qui, sous la houlett




