Beyrouth de notre correspondante
Alors que le Premier ministre Fouad Siniora était à Paris, Beyrouth a connu hier une nouvelle journée de violences. Des affrontements dans plusieurs quartiers de la ville ont fait quatre morts et trente blessés, selon un bilan provisoire. Dans la soirée, pour tenter de stopper l'engrenage de la violence, l'armée a instauré un couvre-feu de 20 h 30 à 6 heures.
Blindés. La capitale s'est embrasée après une banale dispute entre étudiants pro et anti-gouvernement à l'Université arabe de Beyrouth, dans le quartier sunnite de Tariq Jadidé, à quelques centaines de mètres de la banlieue chiite. La bagarre entre jeunes tourne au combat de rues quand des habitants des alentours viennent, munis de bâtons, de pierres, et pour certains d'armes à feu, soutenir leurs camps respectifs. «Nous sommes là pour protéger notre quartier», explique Oussama, partisan du Courant du futur, le parti du député sunnite Saad Hariri. Tandis que les étudiants sont bloqués dans l'université, l'armée s'interpose et tente de ramener l'ordre. Malgré l'arrivée de blindés et les tirs de semonce, des groupes d'hommes affluent. Ils brûlent des voitures, lancent des cailloux. Le chaos se propage. En moins de trois heures, les confrontations se multiplient dans plusieurs quartiers musulmans de la ville.
En milieu d'après-midi, les différents leaders politiques montent au créneau. «J'appelle les partisans du Courant du futur à rester calmes et à ne pas répondre aux provocations




