Naplouse envoyée spéciale
Impossible de discerner depuis la rue poussiéreuse le centre pour femmes du camp de réfugiés de Balata, à Naplouse, en Cisjordanie. Dans une des artères principales de ce camp de 30 000 habitants, à l'écart de l'enchevêtrement de ruelles étroites aux murs couverts de graffitis à la gloire des derniers «martyrs», une petite porte métallique donne sur un patio où bavardent des Palestiniennes, la tête couverte d'un voile, et revêtues d'amples robes sombres.
«Honte». Dans une pièce froide éclairée au néon d'autres femmes discutent vivement. Amal Hmaidan, professeur de gymnastique du centre, prépare du thé sans quitter des yeux sa fille de 3 ans, la dernière de ses six enfants, qui se dandine à quatre pattes sur le carrelage. «L'été, quand il fait chaud et que les femmes sont en tenues légères, je vois encore plus leurs bleus. Quand elles ont vraiment trop de bleus, elles arrêtent de venir parce qu'elles ont honte», explique Amal, 35 ans, diplômée en éducation physique qui ajoute : «Parfois, après les cours, nous nous asseyons ensemble pour parler. Beaucoup d'entre elles se plaignent de leurs maris. Certains sont violents pendant les rapports sexuels, d'autres les battent.»
La violence contre les femmes dans les territoires palestiniens violence domestique, violence sexuelle, inceste, assassinats de femmes au nom du code de l'honneur est largement répandue, selon un rapport de Human Rights Watch publié en novembre. Selon l'ONG américaine,




