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Tortures en Tunisie, procès à Strasbourg

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Un ex-consul renvoyé aux assises pour des actes commis dans son pays.

Publié le 23/02/2007 à 6h16

L'affaire est quasiment une première : Khaled Ben Saïd, ex-vice consul de Tunisie à Strasbourg, a été renvoyé par défaut le 16 février devant les assises du Bas-Rhin pour des «actes de torture et de barbarie» commis en Tunisie. C'est la deuxième fois que la justice française fait usage de la «compétence universelle» qui permet de poursuivre en France, pour torture, des étrangers pour des faits commis à l'étranger sur des étrangers. Avant cela, seul un officier mauritanien a été condamné par contumace à dix ans de réclusion à Montpellier pour tortures dans son pays.

Tout commence le 11 octobre 1996 au commissariat de la localité tunisienne de Jendouba, où Khaled Ben Saïd est policier et où est conduite Madame Z... Cinq mois auparavant, son mari a obtenu le statut de réfugié politique en France après avoir été détenu et torturé par la police de Jendouba pour appartenance à une organisation (islamiste) non reconnue. Khaled Ben Saïd veut des informations sur ce mari enfui. Enlevant le foulard de Madame Z., il la gifle copieusement avant de la «confier» à ses subordonnés qui la suspendent à une barre de fer, la frappent sur les seins et les parties génitales. Contrainte de signer une déposition, elle est libérée le lendemain. Réfugiée à son tour à Strasbourg, elle dépose plainte contre Ben Saïd en 2001 après avoir appris qu'il venait d'être affecté au consulat. Protégé par l'immunité diplomatique, le policier-consul, qui a quitté la France précipitamment fin 2001, es

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