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Libération

Liban : brutalités et tensions entre sunnites et chiites

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Des blindés stationnent en permanence dans les quartiers mixtes de Beyrouth.

Publié le 01/03/2007 à 6h24

Beyrouth de notre correspondante

Déménager. Au plus vite. C'est l'obsession des époux Zakkawi, qui habitent Zekak el-Balat, l'un des nombreux quartiers mixtes de la capitale libanaise : «Nous avons peur, explique l'époux. Ma femme n'ose plus sortir. Jamais nous n'aurions pensé que les relations entre musulmans se dégraderaient à ce point là.»

Fin janvier, alors que sympathisants pro et antigouvernementaux s'affrontent devant l'Université arabe de Beyrouth, des jeunes chiites de l'opposition apparaissent, armes au poing, au pied de leur immeuble et menacent leurs voisins sunnites. «Je ne sais pas s'ils étaient membres du Hezbollah ou d'Amal, mais quand ils ont vu le drapeau du Courant du futur [le parti du député de la majorité, Saad Hariri, ndlr] pendu à notre balcon, ils ont sonné à l'interphone, se souvient Amine Zakkawi. Ils nous ont dit que nous avions cinq minutes pour le décrocher. Faute de quoi, ils viendraient brûler l'appartement.» La jeune femme, seule et effrayée, va se réfugier chez ses voisins. Ils forment un convoi de trois voitures et quittent la zone. A la nuit tombée, Khaled les rejoint dans la maison qu'il possède sur les hauteurs de Beyrouth. «Nous sommes restés là-bas dix jours, explique-t-il. Finalement, nous avons décidé de rentrer, mais avant j'ai acheté un pistolet pour pouvoir me défendre. Les autres sunnites de l'immeuble ont fait de même.» De la fenêtre du trois-pièces cossu, le cadre supérieur pointe

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