En raflant sans peine la mise aux élections régionales de dimanche, Vladimir Poutine et son parti ont montré qu'ils ne toléreront aucun imprévu lors des législatives de décembre 2007 et de la présidentielle de mars 2008, qui doit élire un successeur à l'actuel chef de l'Etat. Le maître de la Russie, à qui la Constitution ne donne pas le droit de se présenter pour un troisième mandat, n'a pas encore nommé son dauphin. Il n'y a cependant guère de doute qu'il le fera, car la Russie a pour spécificité d'être le seul pays du continent européen à n'avoir jamais connu d'alternance politique à la fonction suprême. Chef du FSB, remplaçant du KGB, Poutine avait surgi de l'ombre en 1999 pour devenir le Premier ministre d'un Boris Eltsine vieillissant. Désigné comme successeur, il recueillait, en mars 2000, les suffrages d'une population reconnaissante de ses succès militaires en Tchétchénie. Deux hommes, Sergueï Ivanov et Dmitri Medvedev, tous deux vice-Premiers ministres, sont actuellement en bonne position pour espérer prendre la place de Poutine. Ils ont en commun de l'avoir connu alors qu'il officiait à Saint-Pétersbourg.
Obstacle. L'héritier de Poutine sera le troisième président de la Russie postcommuniste, que l'opposition libérale caractérise depuis des années de «démocratie dirigée», voire de «pseudo-démocratie». Les élections ont renforcé le sentiment de virtualité vis-à-vis de la compétition. Iabloko, un parti libéral-démocrate qui pesait 20 % à Saint-Pétersbour




