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A Cuba, les mails délient les langues

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Depuis début janvier, un «débat électronique» d'intellectuels instaure une ébauche de critique du régime.

Publié le 14/03/2007 à 6h37, mis à jour le 14/03/2007 à 6h37

La Havane envoyé spécial

Les artistes et intellectuels cubains appellent ça «la petite guerre des mails»,«le débat électronique», ou «la petite glasnost». C'est plus un débat qu'une guerre, mais ce pourrait être aussi une ébauche de révolte. Chaque jour, depuis début janvier, des mails de colère pleuvent sur le réseau Internet limité à Cuba, aussitôt redistribués vers une partie de l'élite intellectuelle du pays, dont la liste grandit de jour en jour. Entre les lignes, ou parfois ouvertement, on peut y lire une remise en cause de la révolution de 1959. «C'est en tout cas un débat totalement inédit, qui peut faire boule de neige», commente un de ces intellectuels, qui préfère cependant garder l'anonymat, preuve que la peur est toujours présente.

«Décennie noire». L'affaire a commencé le 7 janvier avec la diffusion, sur la chaîne Cubavisión, d'un reportage à la gloire de Luis Pavón, sinistre personnage qui marqua, au tournant des années 60 et 70, comme patron du Conseil national de la culture, la période la plus sombre de la censure et de la répression du monde artistique ­ la «décennie noire». C'est notamment l'époque où l'un des plus grands poètes cubains, Heberto Padilla, est emprisonné, puis soumis à un procès stalinien où il doit dénoncer ses amis et sa femme, avant finalement de pouvoir s'exiler. Luis Pavón, c'était «le grand paramétreur des artistes, celui qui leur enlevait leur salaire [...], les menait devant le tribunal [...] ou

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