Camp de Nahr el-Bared (nord du Liban) envoyé spécial
L'entrée est bien gardée. Guérites de béton, hommes en armes. Tout juste a-t-on le temps d'apercevoir à travers le portail entrebâillé une vingtaine d'individus, pantalons kaki, barbes broussailleuses, assis à même le sol boueux d'une cour parsemée d'herbes folles, qu'un combattant soupçonneux claque la porte. «Nous sommes ici pour libérer Jérusalem», explique Abou Mouayed, qui se présente comme l'un des responsables du groupe. Nous, c'est Fatah al-Islam, une organisation de plus de 150 islamistes fondamentalistes, proche idéologiquement d'Al-Qaeda, qui, depuis fin novembre, a pris ses quartiers dans le camp palestinien de Nahr el-Bared, dans le nord du Liban. «S'il plaît à Dieu, nous sommes en train de former un noyau pour notre groupe. Libérer notre terre est un droit sacré, inscrit dans le Coran», affirme Abou Mouayed, flanqué d'un «assistant» qui dissimule son visage sous un keffieh. Ces hommes, des Palestiniens de la région mais également, selon les autorités libanaises, des ressortissants d'autres pays arabes ayant séjourné en Irak, ont commencé à arriver au Liban l'été dernier, pendant la guerre entre le Hezbollah et l'Etat hébreu. C'est à cette période que le numéro 2 d'Al-Qaeda, Ayman al-Zawahiri, soulignant «la proximité de l'Irak et de la Palestine», avait appelé les moudjahidin à «porter le jihad aux frontières de la Palestine». Néanmoins, Fatah al-Islam nie tout rapport : «Ce mes




