Le Comité pour la prévention de la torture (CPT) se fâche contre les autorités russes. Cet organisme, qui dépend du Conseil de l'Europe, s'est ému hier de la persistance de la torture en Tchétchénie et a décidé de publier, sans l'accord de Moscou, son dernier rapport sur cette république du Caucase russe. Une procédure encore jamais utilisée.
Les recommandations qui ont suivi les deux visites des délégués du CPT en 2006 étant restées ignorées, ce dernier a assorti son rapport d'une «déclaration publique», une procédure exceptionnelle utilisée en 2001 et en 2003 dans le cas de la Tchétchénie, et avant cela, seulement dans celui de la Turquie en 1991 et en 1996. «Les autorités russes ont constamment refusé de s'engager dans un dialogue sérieux avec le CPT sur les problèmes fondamentaux. Cela ne peut être qualifié que de manquement à la coopération», écrit le comité dans cette déclaration publique.
En quatre ans, en dépit des efforts de Moscou pour accréditer la thèse que la situation en Tchétchénie s'est normalisée, celle-ci a peu changé. Les mauvais traitements dénoncés auprès du CPT en 2006, note le rapport, étaient «fréquemment d'une telle intensité qu'ils pourraient être assimilés à des tortures». Parmi ceux-ci, le comité cite «les passages à tabac, l'asphyxie au moyen d'un sac en plastique ou d'un masque à gaz, les chocs électriques, la suspension par les membres, l'hyperextension et plus rarement les brûlures de cigarettes, briquets ou autre».
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