Stockholm envoyée spéciale
Du périple qui l'a menée en Suède, Dunia ne veut rien dire, si ce n'est que le voyage lui a coûté 11 500 dollars et qu'elle a fait escale en Malaisie. Etudiante en chirurgie dentaire, la jeune femme a quitté Bagdad avec sa fille de 4 ans, en juillet dernier. Elle est arrivée en Suède un mois plus tard et vit depuis à Södertälje, chez sa soeur, dans le quartier de Ronna, rebaptisé «le Petit Bagdad». Son mari a fui en Jordanie, où il attend qu'elle obtienne l'asile pour bénéficier d'une procédure de regroupement familial. La séparation est difficile, mais «c'est toujours mieux que l'Irak», confie Dunia. Appartenant à la minorité chrétienne, elle raconte le harcèlement à l'université, les menaces de mort et les attentats. «C'était devenu impossible de rester là-bas.»
Afflux. Son histoire est loin d'être unique en Suède. L'an dernier, le royaume de 9 millions d'habitants a accueilli près de la moitié des Irakiens qui ont demandé l'asile en Europe. Si sunnites et chiites s'installent souvent à Stockholm, Göteborg et Malmö, les chrétiens ont fait de Södertälje leur destination privilégiée. Depuis la chute de Bagdad en 2003, le nombre d'Irakiens réfugiés dans la commune est passé de 750 à 5 300. Un afflux qui commence à peser sur les structures d'accueil de la ville, située à une trentaine de kilomètres de Stockholm.
Pour Krister Isaksson, analyste auprès du Conseil suédois des migrations, les Irakiens choisissent la Suède en raison de sa polit




