Premier président de la Russie post-communiste, Boris Eltsine a succombé hier à Moscou à un brusque arrêt cardiaque à l'âge de 76 ans. Il souffrait du coeur depuis longtemps. Son second mandat (1996-2000), commencé sur un quintuple pontage coronarien, n'avait été qu'un enchaînement de maladies. Il avait fini par démissionner à la surprise générale, le 31 décembre 1999, en passant le témoin à son successeur désigné, l'actuel président Vladimir Poutine, un obscur agent du KGB dont il avait fait six mois plus tôt son Premier ministre.
L'histoire retiendra d'Eltsine décédé hier qu'il a accéléré la chute du communisme et l'explosion de l'Union soviétique, sans toutefois faire de son pays une véritable démocratie. L'image qui marque le plus les mémoires est sans nul doute celle où juché sur un char, en août 1991, il fait échec à un putsch qui veut restaurer le communisme pur et dur. On oublie plus facilement que, deux ans plus tard, c'est lui qui envoie les chars contre un Parlement insurgé qui ne veut pas d'un président aux pleins pouvoirs.
Pérestroïka. Rien ne prédestinait ce bureaucrate provincial du Parti communiste, né le 1er févier 1931 dans la région agraire de Sverdlovsk, en pleine période de collectivisation forcée, à devenir le champion de la transition. C'est le réformateur Mikhaïl Gorbatchev, à la recherche de jeunes talents pour lancer sa pérestroïka, qui le remarque en 1985. Il lui offre la direction de la ville de Moscou, où il gagne les sympathies en refusant les hon




