Menu
Libération

Benoît XVI nourrit le Brésil au saint

Réservé aux abonnés

En canonisant le frère Galvão, le pape espère endiguer la désaffection des fidèles.

Publié le 09/05/2007 à 7h40

São Paulo de notre correspondante

Mécaniquement, la lucarne de bois s'ouvre, se referme, s'ouvre à nouveau. Un à un, les fidèles déposent leur donation sur un plateau avant de se voir remettre de petites pilules. Tous les jours, une longue file se forme devant le monastère da Luz à São Paulo, où les pilules du frère Galvão sont distribuées. Ce même religieux que le pape Benoît XVI va canoniser lors de la visite de cinq jours qu'il entame aujourd'hui dans le pays.

Les religieuses confectionnent les pilules selon la «formule» du religieux franciscain. Elles enroulent puis fractionnent des feuilles de papier de riz sur lesquelles on peut lire une prière à la gloire de la Vierge Marie. Les pilules sont réputées miraculeuses depuis ce jour de 1785, ou 1788, où Galvão les a prescrites à un malade, instantanément guéri de ses calculs rénaux. Depuis, des milliers d'autres grâces et guérisons lui ont été attribuées. En 1999, lorsqu'elle est tombée enceinte malgré une malformation de l'utérus, Sandra Grossi a pris ces pilules pour éviter une fausse couche. En décembre dernier, le Vatican a estimé la naissance de son fils scientifiquement inexplicable. Ce «miracle» fera de Galvão le premier saint né au Brésil.

«Dès l'annonce de sa canonisation, la demande de pilules a explosé, se réjouit soeur Claudia Hodecker, du monastère da Luz, qui craint de voir fleurir leur commerce alors qu'elles sont censées être gratuites. Nous recommandons aux gens de consulter un médecin avant de les

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique