Dili (Timor-Oriental) envoyé spécial
Si l'on se réfère à l'atmosphère des meetings électoraux, il n'est pas difficile de deviner qui est le favori pour le scrutin présidentiel, aujourd'hui, au Timor-Oriental.
Le candidat du Fretilin, le parti au pouvoir, Francisco Guterres, connu localement sous son nom de guerre «Lu Olo», est à la politique ce que Mireille Mathieu est au rap. Lors de son principal meeting de campagne à Dili, la capitale, cet instituteur devenu cadre de la résistance indépendantiste pendant l'occupation indonésienne (1975-1999) récite son discours comme s'il lisait un bulletin météo devant une assemblée apathique d'environ 300 personnes.
José Ramos Horta, prix Nobel de la paix, candidat soutenu par le président sortant et héros national Xanana Gusmão, fait, lui, dans la politique spectacle. Pas moins de 8 000 de ses partisans s'étaient rassemblés dimanche au parc de la Démocratie, à Dili. Ramos Horta a galvanisé la foule, alternant populisme bon enfant et propos plus sérieux où il développe sa vision d'un Timor-Oriental ouvert sur le monde et économiquement prospère. Lu Olo représente la continuité avec le gouvernement de Mari Alkatiri qui avait mené à la violente crise d'avril-mai 2006 : un régime autocratique à parti dominant dirigé par une petite élite de Timorais ayant vécu dans des pays d'Afrique lusophone pendant l'occupation. Lu Olo et Alkatiri qui a dû abandonner la tête du gouvernement après la crise sont «comme les deux faces de la même pièce»,




