C'est à un pays en pleine crise politique, la Serbie, qu'il reviendra de prendre aujourd'hui la présidence tournante du Conseil de l'Europe. Ce choix, dû au simple ordre alphabétique, ne pouvait pas tomber plus mal. Alors que les formations démocratiques n'arrivent pas à s'entendre pour former un gouvernement, les ultranationalistes ont profité de la crise pour s'emparer de la présidence du Parlement issu du scrutin de janvier. A la tête de la chambre trône Tomislav Nikolic, le très eurosceptique vice-président du Parti radical, dont le fondateur, Vojislav Seselj, attend à La Haye son procès pour crimes contre l'humanité commis lors des guerres de Croatie et de Bosnie (1991-1995).
Populiste.«Nos valeurs sont diamétralement opposées à celles que véhicule le parti auquel appartient M. Nikolic», a déclaré hier en se disant consterné René van der Linden, président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. L'Union européenne, Paris et Washington ont tous fait part de leur inquiétude. Dans sa première adresse au Parlement serbe, Nikolic n'a rien fait pour dissiper ces craintes. La Serbie, a-t-il dit, «ne sera jamais une colonie de l'Union européenne». En jouant davantage de la carte populiste que de la carte nationaliste, Tomislav Nikolic a fait de son parti le premier de la chambre. Son arrivée aux responsabilités va affaiblir la position internationale de son pays, alors que se joue la dernière ronde diplomatique autour du statut de la province séparatist




