Londres de notre correspondante
Après des années passées à trépigner dans l'ombre du Premier ministre britannique, le chancelier de l'Echiquier a enfin pu lâcher la bride à son ambition. Au lendemain de l'annonce du départ de Tony Blair, fixé au 27 juin prochain, Gordon Brown a annoncé vendredi sa candidature au poste de leader du Parti travailliste, et donc de chef du gouvernement.
Devant une salle aux murs barrés de son tout nouveau slogan, «Brown pour la Grande-Bretagne», il a tenu à préciser qu'il avait «de nouvelles idées et une vision» pour le pays. Membre depuis une décennie du gouvernement blairiste, le ministre de l'Economie a pour mission délicate de rompre en douceur avec les manières et le bilan de son prédécesseur, au plus bas dans les sondages. Aussi a-t-il habilement proposé que l'exécutif devienne «plus ouvert et rende des comptes au Parlement par exemple dans des décisions sur la paix ou la guerre». Il répondait ainsi aux critiques visant la décision quasi unilatérale de Tony Blair d'engager son pays dans le conflit irakien.
Mais marquer la rupture ne sera pas chose aisée. Car cela fait près de quinze ans que cet Ecossais de 55 ans évolue dans l'ombre de son cadet. Tout commence en 1994. La mort soudaine de John Smith laisse le Parti travailliste sans leader. Tony Blair est sur les rangs mais un député écossais, ex-journaliste de télévision, l'est aussi. Il s'appelle Gordon Brown. A la table d'un restaurant londonien, les deux hommes scel




