Bucarest de notre correspondant
Le président roumain, Traian Basescu, de centre droit, a clairement remporté le référendum du 19 mai pour se maintenir au pouvoir un mois après avoir été suspendu de ses fonctions par le Parlement. Un résultat presque plébiscitaire, avec quelque 74 % des suffrages en sa faveur, même si le nombre des votants était d'à peine 43 % des inscrits. La guerre au sommet entre d'un côté le chef de l'Etat soutenu par deux partis, et de l'autre la majorité des députés, risque donc encore de se durcir à la grande inquiétude de l'Union Européenne dont la Roumanie est pleinement membre depuis janvier. En félicitant Traian Basescu, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a affirmé espérer que ce résultat permettra au pays «d'avancer sur la voie des réformes nécessaires».
Populiste. Politicien aux accents volontiers populistes, Traian Basescu se veut le champion de la lutte contre la corruption afin de sauver la Roumanie de l'emprise des oligarques. Ses adversaires, au contraire, dénoncent un personnage assoiffé de pouvoir, voire un dictateur en herbe. «Présenter Traian Basescu comme le champion de la lutte pour la démocratie est exagéré, mais le comparer avec Mussolini ou Ceausescu est aussi ridicule qu'inqualifiable», nuance Jean-Michel De Waele, professeur à l'université libre de Bruxelles. Celui que l'on surnomme «le marin» ou «Popeye» est un homme politique atypique, même pour un pays qui en a vu d'autres.
Ancien capitaine de marin




