Le Caire, de notre correspondante Quatre décennies n¹ont pas apaisé la brûlure de l¹humiliation. Comme tous ceux de sa génération, Mohamed Nasr, 57 ans, chirurgien cardiaque réputé, se souvient encore de ce printemps 1967, de cet air chaud soufflant sur Le Caire, de l¹excitation de l¹avant-guerre. Adolescent, comme des milliers d¹autres Egyptiens il milite au sein de l¹Organisation de la jeunesse, qui voue un culte à Nasser et glorifie l¹unité arabe. «Nous vivions dans cette exaltation de l¹identité arabe. On croyait à notre idéal, d¹autant qu¹on n¹avait accès qu¹aux informations officielles. On nous rabâchait qu¹Israël était un petit pays, qu¹on vaincrait facilement. Alors, quand Nasser a bloqué le détroit de Tiran, on a cru que le jour était arrivé.» Moins de deux semaines s¹écoulent, dans une attente ponctuée de déclarations belliqueuses. « Un matin, j¹ai entendu des bombardements : la guerre avait commencé. A midi, je me suis étonné auprès d¹un de mes amis qu¹on ne soit pas encore arrivé à Tel-Aviv. Le soir, quand on a appris que les Israéliens franchissaient le canal de Suez, ça a été un choc immense.» En quelques heures à peine, l¹armée israélienne détruit au sol l¹aviation égyptienne. Le séisme laisse l¹Egypte à terre et avec elle l¹image de Gamal Abdel Nasser, icône militaire et petit père des peuples arabes. Poids de l¹Histoire. Peu d¹Egyptiens supportent de parler de ce « traumatisme». Les manuels d¹histoire y consacrent à peine quelques lignes. Dans la mémoire
Une blessure toujours vive en Egypte
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Le pays se souvient d'une humiliante défaite qui a redessiné la carte du Proche-Orient.
Publié le 11/06/2007 à 8h14
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