Caracas (envoyé spécial)
Avant de commencer, «on attend Stalin». Faute de local adéquat, la réunion des élus étudiants s¹improvise sur un rectangle d¹herbe du campus de l¹Université centrale du Venezuela (UCV), la plus importante du pays, 35 000 élèves à Caracas, des milliers d¹autres dans les filiales de province. La grosse cinquantaine d¹étudiants, chacun représentant un des différents cursus de l¹université publique, est venue débattre de la suite à donner au mouvement de protestation qui se propage depuis quinze jours dans le pays. Ils attendent Stalin Gonzalez, parce qu¹il est l¹élu des élus, le président de la fédération étudiante de toutes les facs de l¹UCV. «Ma mère voulait même m¹appeler Stalin José, comme ?Joseph, c¹est mon grand-père qui l¹a freinée. Mes deux s¦urs ont comme deuxièmes prénoms Ilitch et Engels.» Lui-même, 26 ans, en quatrième année de droit, a longtemps milité à Bandera Roja («drapeau rouge»), un petit parti de l¹extrême gauche vénézuélienne. Sa mère travaille dans une imprimerie, son père est responsable du syndicat national des arts graphiques. «Et j¹ai grandi à Catia [un des quartiers les plus pauvres de Caracas, ndlr], alors quand le président, Hugo Ch?vez, nous traite de gosses de riches vendus à la CIA, ça tourne au délire.» «Pas d¹organisation». Entre l¹autoritaire Hugo Ch?vez et les étudiants de l¹UCV comme des autres universités du pays, publiques ou privées, rien ne va plus. Simple fronde condamnée à durer jusqu¹aux prochaines vacance




