Beyrouth de notre correspondante Derrière le cercueil de Walid Eido, député de la majorité parlementaire libanaise tué avant-hier dans un attentat, les leaders de l’Intifada de l’indépendance (le mouvement populaire qui a conduit à la fin de la mainmise syrienne sur le Liban) serrent les rangs sous les applaudissements de la foule. Ils enterrent une nouvelle fois l’un des leurs. Un élu qui, depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri en février 2005, avait participé à tous les combats pour obtenir le départ des troupes de Damas. Un magistrat qui, malgré la multiplication des meurtres de personnalités antisyriennes, avait refusé de céder à la peur. Allant jusqu’à braver les consignes de sécurité les plus élémentaires en se rendant chaque jour, au vu et au su de tous, dans un club sportif du bord de mer où il avait ses habitudes. «Tous des cibles». Dans le cortège, les responsables politiques se savent menacés. Saad Hariri, qui a pris la direction du Courant du futur à la mort de son père, vit une partie de l’année à l’étranger pour échapper à d’éventuels tueurs. Le chef druze, Walid Joumblatt, réside la plupart du temps dans son château de la montagne. «Nous sommes tous des cibles potentielles et nous n’avons aucun doute sur l’identité de ceux qui veulent se débarrasser de nous , confiait dès l’été 2005 Elias Atallah, une autre figure de la Révolution du Cèdre. Les Syriens veulent se venger, nous faire taire et, enfin, revenir par la fenêtre.» Gibran Tué
La Syrie à nouveau dans la position d'accusée au Liban
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Damas est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat du député Eido.
Publié le 15/06/2007 à 8h20
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