Beyrouth de notre correspondante
Poupée de chiffon effondrée sur le buste froid de son mari, la veuve n'a pas 20 ans et n'a plus la force de marcher quand les militaires viennent lever le corps du sergent Chadi Halim Jalbout pour le transporter en l'église Saint-Elie du village d'Anaa, surplombant la plaine de la Bekaa sud. Sur le parvis, les habitants des alentours, dont beaucoup ont des proches qui ont eux aussi endossé l'uniforme pour échapper au chômage endémique dans cette région agricole de l'est du Liban, suivent les funérailles en larmes. «Notre pays est blessé», hurle soudain un vieil homme. La foule, figée dans un indicible sentiment de douleur, de fierté et de désespoir, se tait. Depuis le 20 mai, 71 soldats ont perdu la vie dans la bataille que livre l'armée au groupe fondamentaliste sunnite Fatah al-islam, retranché dans le camp palestinien de Nahr el-Bared. Une bataille qui s'avère bien plus difficile que prévu (voir ci-contre) Pourtant, chacun s'accorde à louer le courage et la détermination de la troupe. Les journaux proches du gouvernement, annoncent à longueur d'articles l'imminence de la victoire. Les quotidiens d'opposition, s'ils se refusent de participer à la «campagne de propagande en cours»,comme le dit l'une des plumes du Akhbar, concentrent leurs critiques sur le gouvernement et se gardent bien d'attaquer le seul véritable symbole d'union nationale dans le pays.
Surrégime. Depuis le 14 février 2005, date de l




