Pristina, Mitrovica (Kososvo)
envoyée spéciale
Le jeune homme dégingandé déplie son mètre quatre-vingt et sourit : «Nous n'avons pas peur de la guerre.» Pour être sûr que son interlocuteur l'a bien compris, il précise : «S'il faut la faire, il y aura des gens pour la faire.»Le timide étudiant en philosophie se lance soudain dans une envolée patriotique : «Chacun sait qu'il doit défendre son pays.»
Cela se passe à Pristina, où les Albanais du Kosovo, une région administrée par l'ONU depuis l'intervention militaire de l'Otan contre la Serbie en 1999, viennent de comprendre que l'indépendance qui leur a tant été promise a été repoussée (lire ci-contre). Le plan occidental, concocté par l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari, et qui recommande une «indépendance surveillée» pour le Kosovo, a pour la quatrième fois été recalé, fin juin, par la Russie, le fidèle allié de la Serbie. Belgrade refuse de renoncer à sa très théorique souveraineté sur cette région qu'elle considère comme le berceau de sa culture. Et des manoeuvres diplomatiques se sont engagées pour donner un bon trimestre à Belgrade et à Pristina pour reprendre langue.
«Frustrations.» Glauk Konjufca fait partie de ceux qui ne font pas confiance à la communauté internationale. L'étudiant en philosophie appartient au mouvement Vetevendosje, (autodétermination en albanais), qui veut le départ de la mission de l'ONU au Kosovo, la Minuk, et un référendum sur l'indépendan




