Istanbul
de notre correspondant
Lasse des polémiques, elle lança récemment excédée : «Mon voile recouvre ma tête, pas mon cerveau.» Très probable prochaine first lady de Turquie, Hayrünnisa Gül, 42 ans, épouse d'Abdullah Gül qui devrait être élu aujourd'hui par le Parlement, sera la toute première dame à porter le turban au Palais présidentiel à Ankara. C'est devenu une affaire d'Etat dans un pays où le voile islamique est banni des administrations comme des universités. Il est également interdit aux femmes des officiers ; or le chef de l'Etat est aussi le chef suprême des armées. Mais après le triomphe de l'AKP (parti issu du mouvement islamiste) aux élections de juillet avec 46 % des voix, l'arrivée à la présidence d'Abdullah Gül, ex-ministre des Affaires étrangères, semble inéluctable.
«Relooker». Un des moyens de contourner la difficulté serait de «relooker» la première dame avec un foulard moins chargé de symbole que le «turban», comme les Turcs appellent le voile islamiste. «Je vais réaliser une petite révolution. Je m'inspire des photos de Romy Schneider, de Catherine Deneuve et de Sophia Loren avec des voiles», a lancé le styliste At
Militante. Mère de trois enfants, Mme Gül, est devenue ainsi un des sujets favoris des caricaturistes. L'hebdomadaire satirique Leman , très populaire au sein de la jeunesse, la montre en «Playboy girl», pour se moquer du «turban moderne». Intellectuels et universitaires libéraux défe




