Nahr al-Bared
envoyée spéciale
Du camp palestinien de Nahr al-Bared, où vivaient il y a moins de quatre mois 31 000 personnes, il ne reste qu'un amas de ruines d'où s'élèvent d'épaisses volutes de fumée noire. Les bâtisses de béton qui surplombent le bord de mer se sont effondrées comme des châteaux de cartes. Les façades des maisons encore debout sont éventrées, criblées de balles.
Hier après-midi, l'armée libanaise annonce la prise de contrôle du camp palestinien : après cent cinq jours de combats, les derniers miliciens du Fatah al-Islam, le groupuscule islamiste retranché dans cette enclave palestinienne du nord du Liban, sont en train de se rendre. Et les habitants de la région s'en réjouissent. «Ce fut long, compliqué, mais nous n'avons jamais douté. C'est un grand moment pour notre pays», s'exclame Manal, penché à son balcon, en agitant un drapeau libanais. Sur la route reliant Tripoli - la grande cité balnéaire située à une vingtaine de kilomètres de là - à la Syrie, des centaines de personnes dansent, chantent, saluent les militaires qui, juchés sur des jeeps, des camions ou des blindés, répondent par de grands signes de la main et tirent en l'air des rafales d'armes automatiques. Depuis le 20 mai, ils ont perdu plus de 150 hommes. Hier, deux soldats sont encore tombés sous les balles des islamistes qui, à l'aube, avaient lancé une ultime offensive pour tenter de fuir leur enclave.
Ruelles. Il était quatre heures du matin quand un premier groupe




