Bucarest
de notre correspondant
Après la chute de la dictature communiste en 1989, les icônes de Jésus et de la Vierge Marie ont remplacé, dans les écoles roumaines, les portraits de l'omniprésent «Conducator». L'enseignement de la religion est devenu obligatoire dans les écoles publiques, les popes aux longues barbes noires sont présents à peu près partout dans la vie collective, alors que les hommes politiques exhibent leur croyance retrouvée, en participant en grand nombre aux messes pascales et autres cérémonies religieuses.
Pour couronner le tout, l'Etat paye en partie le salaire des quelque 14 000 prêtres orthodoxes, soit 42 millions d'euros par an. «Le phénomène n'est pas singulier, explique le professeur Daniel Barbu, de la faculté de siences politiques de Bucarest. Dans d'autres pays de l'Est, comme la Pologne ou la Slovaquie, on est également passé du matérialisme dialectique à la ferveur religieuse.»
«Chaos». «Il y a ambiguïté, dénonce pour sa part Remus Cernea, président de l'ONG Solidarité pour la liberté de conscience. Officiellement, il y la séparation de l'Eglise et de l'Etat, mais en réalité les deux institutions sont intimement liées.» Les hommes politiques ont d'ailleurs tout intérêt à se montrer aimables envers l'Eglise orthodoxe. Près de 90 % des 21 millions de Roumains sont orthodoxes et la crédibilité de l'Eglise est impressionnante : plus de trois Roumains sur quatre affirment avoir confiance dans l'Eglise.
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