Ramallah
envoyée spéciale
«J'ai peur. Quand ça chauffe à Gaza, je reste cloîtré chez moi, parfois une semaine entière. Ou je vais passer une nuit ou deux en dehors de la ville, chez des amis, de la famille ou des collègues proches du Fatah », confie Aymen Daraghmeh. Membre du Hamas au Conseil législatif palestinien, il réside dans un appartement spacieux, dans un quartier résidentiel de Ramallah, en Cisjordanie.
Inquiétude. Depuis le coup de force du mouvement islamiste dans la bande de Gaza, le 15 juin, Aymen Daraghmeh a les yeux rivés sur les événements qui s'y déroulent. «Tout ce qui se passe à Gaza peut avoir des conséquences pour moi, ici à Ramallah. Cela a un effet boomerang direct», explique le député, membre d'une faction du mouvement islamiste opposée au coup de force de Gaza. Son inquiétude croît avec les manifestations quasi hebdomadaires de protestation organisées par le Fatah, le parti du président palestinien, Mahmoud Abbas, dans la bande de Gaza. Des dirigeants du Fatah y ont été récemment arrêtés. «S'ils ne les relâchent pas, il y aura des kidnappings ici. Des députés du Hamas ont déjà reçu des menaces», assure Aymen Daraghmeh, qui affirme être opposé à la répression des manifestations du Fatah dans la bande de Gaza.
Le nouveau gouvernement constitué par Mahmoud Abbas après la prise de pouvoir du Hamas à Gaza a proclamé l'état d'urgence. Il est toujours en vigueur en Cisjordanie, où le mouvement islamiste




