Kiev
envoyée spéciale
Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko ne manque jamais une occasion de promettre qu'il fera de l'Ukraine une seule et unique nation. Son éternel rival, le premier ministre Viktor Ianoukovitch, le chef de file des «Bleus» qui entend reconduire la majorité sortante lors des législatives anticipées de dimanche, assure qu'il est en train de recueillir les trois millions de signatures nécessaires pour organiser un référendum sur la langue russe. L'objectif ? En faire la deuxième langue officielle.
Famine. A chaque élection, les relations se tendent entre l'Est industrialisé et russophone et l'Ouest ukrainophone et plus agraire, dont une partie n'a appartenu à l'Union soviétique qu'après la Seconde Guerre mondiale. «Les partis ne consolident pas la nation, ils renforcent les divisions», déplore le politologue Vadim Karasev.
Plutôt que de satisfaire les exigences de justice et d'égalité des participants de la révolution orange de l'automne 2004, le président Iouchtchenko a préféré récompenser les nationalistes en rouvrant plusieurs questions mémorielles qui font toujours débat entre historiens, et divisent le pays. Ainsi l'an dernier, le Parlement a adopté, à une courte majorité, une loi qui qualifie la grande famine de 1932-1933 («Holodomor») de génocide contre le peuple ukrainien. «Le pouvoir soviétique a rencontré une telle résistance en Ukraine qu'il a compris qu'il ne pourrait la réduire qu'en affamant les Ukrainiens», affirm




