Abien des aspects, ces législatives anticipées ont ressemblé à une miniprésidentielle censée départager l'actuel président pro-occidental, Viktor, Iouchtchenko, l'ancienne égérie de la révolution orange, Ioulia Timochenko, et le Premier ministre prorusse sortant Viktor Ianoukovitch. «Dans ce triangle des Bermudes, il y en a un de trop», fait ressortir l'analyste Vadim Karasev. La campagne a été dominée par cet éternel trio dont les disputes, les alliances fugitives ou les embrassades peu sincères rythment depuis des années la crise politique. Et on sait déjà que ce sont les mêmes qui concourront lors de la présidentielle de 2009. «Il est à craindre que la crise se perpétue jusqu'à cette échéance» , estime le politologue Volodymir Fessenko.
Mentor. Les trois leaders sont issus du système présidentiel fort mis en place par le président Léonide Koutchma (1994-2004) et soutenu par les oligarques des régions industrielles de l'Est. Premier ministre, Viktor Ianoukovitch, ancien gouverneur du Donbass, une de ces régions orientales, avait été choisi pour succéder à Koutchma. Mais il avait dû s'incliner lors de la révolution orange de 2004 devant Viktor Iouchtchenko, un ancien banquier, qui avait été lui aussi Premier ministre de Koutchma. C'est lui qui, à l'époque, avait fait venir au gouvernement Ioulia Timochenko, une richissime entrepreneuse de l'Est. Lâchée par son mentor, lui-même contraint de se retirer de la vie politique, elle devait perdre




