Le Caire
de notre correspondante
«Il n'y a pas de liberté de la presse dans un pays où l'Etat peut vous emprisonner pour avoir simplement critiqué le Président.» Pour l'organisation Human Rights Watch, la série de condamnations à des peines de prison ferme de journalistes accusés d'avoir nui à l'image du pays en critiquant le pouvoir est un coup sévère porté au processus démocratique en Egypte. Pour protester contre cette répression, dix-huit quotidiens indépendants ont annoncé qu'ils ne paraîtraient pas dimanche.
Il y a deux semaines, quatre rédacteurs en chef de journaux indépendants ont été condamnés à un an de prison pour avoir diffamé le Parti national démocrate au pouvoir. Dans la foulée, trois journalistes du quotidien d'opposition Al-Wafd ont été condamnés à deux ans de prison ferme après la reproduction d'une déclaration du ministre de la Justice, critique envers les magistrats. Des propos que celui-ci a nié avoir tenu. La semaine dernière, c'était au tour d'Ibrahim Eissa, une des bêtes noires du régime, d'être convoqué devant la Cour de sûreté de l'Etat, une juridiction d'exception théoriquement réservée aux affaires terroristes. Son crime : avoir «gravement nui à la stabilité et à l'image du pays» en rapportant les rumeurs concernant la mort supposée du président Moubarak cet été. Devant le tollé provoqué par cette décision, critiquée jusqu'à la Maison Blanche, le journaliste a finalement été renvoyé devant un tribunal ordinaire. Le polito




