Kiev
envoyée spéciale
L'Ukraine vote, trois fois en trois ans mais les oligarques restent. Les richissimes hommes d'affaires - appelés dans le monde postsoviétique «oligarques» en raison de leurs relations étroites avec le pouvoir politique - n'ont pas été balayés avec la révolution orange de 2004. A l'époque, on disait en plaisantant dans les milieux économiques que la révolution orange était «la révolution des millionnaires contre les milliardaires». Il s'avère que les premiers et les seconds ont non seulement survécu mais aussi prospéré.
Selon l'hebdomadaire polonais Wprost, qui publie chaque année l'annuaire des cent plus grosses fortunes d'Europe orientale (Russie comprise), le premier Ukrainien arrive en quatrième position derrière trois Russes. Il s'agit de Rinat Akhmetov, l'industriel de Donetsk, la région dont le chef du gouvernement sortant, le prorusse Viktor Ianoukovitch et grand perdant des élections de dimanche a longtemps été gouverneur. Elu député du Parti des régions en 2006, Akhmetov en est son grand argentier. Sa fortune, évaluée à 7,2 milliards de dollars (environ 5 milliards d'euros) en 2006, s'élevait à 18,7 milliards en 2007.
Rebondir. L'homme dont le holding, leader de la métallurgie, génère 10 % du PIB ukrainien fait aujourd'hui la pluie et le beau temps. Il a démontré sa faculté à rebondir. En 2004, il faisait figure de perdant. La révolution orange lui avait coûté l'aciérie de Krivorijstal, acquise pour 800 000 dollars avec




