Moscou
envoyée spéciale.
Une première pour un président français. Nicolas Sarkozy a reçu à Moscou des représentants d'une ONG de défense des droits de l'homme, Memorial. La vénérable association a été créée par d'anciens dissidents de l'URSS, dont Andreï Sakharov, et est dirigée par Oleg Orlov.
Après avoir dévoilé les crimes du communisme, Memorial s'est illustré par un recensement des crimes commis par l'armée russe en Tchétchénie. Cette activité a valu à ses militants un harcèlement incessant et de nombreuses menaces de mort, lesquelles paraissent plus inquiétantes depuis l'assassinat, il y a un an, de la journaliste Anna Politkovskaïa, qui avait décrit par le menu les horreurs de cette guerre. Sarkozy a donc fait un geste en recevant les représentants de Memorial. Mais il s'agit d'un engagement limité. «Je comprends les spécificités russes. Je n'ai pas de leçons à donner la Russie», a-t-il dit lors d'une conférence de presse des deux chefs d'Etat, où il a précisé avoir informé son hôte de son intention de recevoir les membres de l'ONG.
La veille, lors d'un entretien avec la presse française, Sarkozy avait déjà évoqué les fameuses «spécificités russes», équivalent de l'éternelle excuse de la non-immixtion dans les affaires intérieures qu'ont l'habitude de brandir les politiciens résignés à frayer avec les dictatures. Sans aucune gêne, le président Poutine a dit regretter de ne pas avoir l'occasion de rencontrer plus souvent les responsables de Memorial,




