Chaque jour qui passe, les perspectives de paix s'éloignent au Darfour. Jusqu'en septembre, la communauté internationale avait bon espoir de mettre fin à cette tragédie, qui a déjà causé la mort de plus de 200 000 personnes, le déplacement de 2,5 millions de civils et la déstabilisation de toute la région.
Pour en venir à bout, une stratégie reposant sur deux volets allant de pair avait été arrêtée cet été. D'une part, le déploiement d'une force mixte ONU-Union africaine robuste et crédible de 26 000 hommes, d'ici au 31 décembre, afin de prendre la relève des 7 000 soldats sous-équipés de la mission de l'Union africaine au Soudan (Amis). De l'autre, la relance du processus politique afin d'amener les rebelles ayant refusé l'accord de paix d'Abuja du 6 mai 2006 (1) à le rejoindre : d'où la convocation d'une conférence de paix à Tripoli, en Libye, le 27 octobre. La paix et une force pour y veiller : l'une ne peut aller sans l'autre.
Chicaneries. Mais depuis une quinzaine de jours, tout cet édifice est en train de s'effondrer. La force mixte, qui sera la plus importante mission de maintien de la paix de l'histoire de l'ONU, a pris du retard. Khartoum, soutenu par l'Union africaine, qui veut se refaire une réputation et remplir ses caisses, rejette tout envoi de Casques bleus occidentaux. Les chicaneries soudanaises ne sont pas seules responsables du retard. Les bailleurs de fonds occidentaux traînent pour débloquer l'argent, notamment les hélicoptères indispensables




