Les Polonais sont appelés dimanche à des législatives anticipées, convoquées après des mois de crise politique. Les derniers sondages laissent, pour la première fois, penser que le parti conservateur Droit et justice (PiS), du Premier ministre sortant Jaroslaw Kaczynski, pourrait ne pas être reconduit au pouvoir. Il serait devancé par la Plateforme civique (PO), une formation de la droite libérale. Ensemble, ces deux partis totalisent quelque 70 % des intentions de vote. Une telle hégémonie de la droite est unique en Europe.
D'où vient cette droite ?
Elle représente la Pologne du pape et de Solidarité, celle qui a renversé le communisme. Cette mouvance s'est clairement affirmée en tant que droite en faisant sienne la doctrine de l'Eglise catholique, dès 1991. Mais elle a toujours été hétérogène, rassemblant des chrétiens sociaux partisans d'une certaine forme d'autogestion, des libéraux favorables à la dérégulation économique, des nationalistes passéistes. Les libéraux, qui ont assumé le pouvoir après la fin du communisme, ont chuté sur la thérapie de choc du ministre des Finances Leszek Balcerowicz, qui avait fréquenté à Gdansk, dans les années 80, les mêmes cercles politiques que l'actuel numéro 1 de la PO, Donald Tusk. Face au coût social des réformes, les Polonais ont rappelé les ex-communistes, qui en menant pratiquement la même politique, ont conduit leur pays au sein de l'Union européenne. Ce but atteint, la gauche engluée dans les scandales, le débat sur les valeurs a




