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Libération

La Pologne garde ses tabous

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Publié le 22/10/2007 à 0h57

Les annonces dans les journaux, à la rubrique santé, sont discrètes mais suffisamment explicites. Des gynécologues proposent à leurs patientes «le retour garanti de leurs règles» ou «un service complet» en clinique. Pour les contacter, ils n'offrent qu'un numéro de téléphone portable, de quoi écarter les importuns. Chacun à Varsovie sait qu'il s'agit d'avortement, un acte illégal depuis 1993, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Malgré cette loi, il y aurait de 140 000 à 180 000 avortements par an, tant dans le pays qu'en dehors des frontières.

«En Pologne, il est plus facile d'avorter que de parler d'avortement», relève la philosophe Magdalena Sroda, l'ex-dissidente chargée de l'égalité entre hommes et femmes dans le dernier gouvernement de gauche. «Ce n'est pas seulement le problème des Kaczynski [Président et Premier ministre en poste]. Tous les leaders d'opposition, y compris ceux de gauche, ont convenu de ne pas changer la loi en vigueur», explique-t-elle. Le mot d'ordre du «tout sauf Kaczynski», avancé par l'opposition, ne suffira donc pas à satisfaire les féministes.

«Ventres». Les Polonaises, comme l'ensemble de la société civile, comprennent qu'il leur faut agir à plus long terme. «Les femmes polonaises en ont assez d'être des ventres», s'insurge l'écrivaine Manuela Gretkowska, fondatrice du tout nouveau Parti des femmes, créé en février.

La blonde trentenaire n'a pas hésité à braver le conservatisme ambiant

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